Charles Stross
Dans ce recueil composé d'un roman et d'une longue nouvelle, Charles Stross met en place un univers proche de notre monde contemporain, mais dans lequel le contre-espionnage et ses agents actions sont principalement préoccupés par le contrôle de la re-découverte de certains théorèmes de Türing. En effet, une des applications de ces thérorèmes est la possibilité d'ouvrir des portes entre notre univers et d'autres dans lesquels rodent des créatures lovecraftiennes douées de caractéristiques amusantes et d'un appétit féroce. Ajoutons qu'une autre préoccupations de ces agents est la survie dans une bureaucratie ubuesque attachée à la traçabilité du moindre trombone, et que le héros est - à l'origine - un administrateur de systèmes unix. On comprendra aisément que l'humour de sysadmin de Charles Stross m'ait fait passer un très bon moment, et que mes amis lutins devraient également sourire au destin de ...
Pierre Louÿs
Un petit régal de fantaisie que ce "roman" de Pierre Louÿs, longtemps classé comme libertin - je le trouve plutôt rafraîchissant. Je mets le mot roman entre guillemets parce que l'intrigue, fort courte, n'est qu'un prétexte. Louÿs utilise ses personnages, parfois caricaturaux, pour personnifier les idées qu'il défend ou celles qu'il combat sur l'éducation, la vie en société ou les bonnes moeurs. L'ensemble ayant été prépublié en feuilleton vers 1900, comme cela se pratiquait beaucoup à l'époque, les chapitres sont courts et enlevés, ce qui ajoute encore au plaisir de lecture : "Allez, j'en lis encore un ce soir...".
La fantaisie calculée du page Giglio, les atermoiements du roi, les états d'âmes des reines et le frémissements de la petite Aline font que l'on quitte Tryphême, l'île royaume de Pausole, presque à regret.
Claude Ecken
J'ai rencontré Claude Ecken chez mon libraire favori il y a quelques temps. Ce devait être un samedi, et comme il m'arrive souvent, je flânais dans les rayons, retardant comme par un fait exprès le moment de m'approcher de celui qui est consacré à la science-fiction et à la fantasy, tenu par les sieurs GardaKan et Mordak, déjà évoqués ici-même.
Il se trouve que les deux étaient trois, et que le troisième, debout devant une petite table chargée de livres, tenait un verre de bière auquel il faisait de régulières ponctions, tout en devisant avec Mordak. C'était Claude Ecken, venu fêter la parution de son dernier recueil de nouvelles et présenter ses auteurs favoris. Inutile de dire que je restais une bonne heure de plus que prévu chez mon libraire, et discutais avec plaisir des auteurs choisis par l'ami Claude, dont beaucoup agrémentent ...
Régis Messac
Un roman d'anticipation post-apocalyptique, donc un thème très (trop) classique, vu mille fois... sauf que celui-ci est paru au milieu des années trente, ne fait pas une ligne de trop, et est réellement original. Le court texte - presque une novelette à l'anglo-saxonne - de Régis Messac est à la fois d'un pessimisme absolu et d'un cynisme fort réjouissant.
Ne comptez pas sur moi pour vous en dire beaucoup plus, sinon peut être que vous ne porterez probablement plus jamais le même regard sur des enfants qui jouent après cette lecture...
Nicolas Bouvier
Il y a un moment que je pensais lire ce livre. Ce n'est pas que les nombreux lecteurs compulsifs de mon entourage me l'aient directement recommandé, mais j'en ai si souvent entendu des éloges que ma curiosité a pris le dessus sur mon habituelle méfiance vis-à-vis des ouvrages trop encensés et des quatrièmes de couverture dithyrambiques (oui j'ai regardé dans le dictionnaire).
Nicolas Bouvier et Thierry Vernet ont voyagé de leur Suisse natale (l'ouvrage débute en fait en Yougoslavie) jusqu'à Khyber Pass (un col entre Afghanistan et Pakistan) à la fin des années cinquante. Une automobile que l'on devine fatiguée les a accompagnés jusqu'au bout du voyage, et l'on se demande parfois s'ils n'ont pas parfois plus porté celle-ci que l'inverse. J'ai aimé ce livre tout simple à cause de sa simplicité justement. Des "aventuriers ...
Céline Minard
Un tout petit livre, recommandé l'oeil gourmand par un de mes libraires favoris et savouré en quatre soirées pour faire durer.
Écrire simplement que Céline Minard reprend à son compte les sept mercenaires serait rendre peu de justice à ce petit régal de lecture. Outre le travail sur la langue, sorte de vieux français réinventé, émaillé de quelques termes empruntés à l'angloys, les personnages sont soignés et attachants. Une excellente illustration du pouvoir et de l'élégance de la concision.
"Ce à quoi nous bûmes largement et pleine panse étirée".
A Django site.